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Tunisie: le Parti Ennahdha annonce son intention de nommer un chef du gouvernement issu de ses rangs

Tunisie: le Parti Ennahdha annonce son intention de nommer un chef du gouvernement issu de ses rangs
Dimanche 20 octobre 2019 à 22:37

Le parti Ennahdha, vainqueur des dernières élections législatives en Tunisie, a annoncé, dimanche, son intention de nommer un chef du gouvernement issu de ses rangs.

“Le parti Ennahdha est prêt à gouverner et présider le prochain gouvernement qu’il formera en partenariat avec d’autres formations politiques et organisations”, a précisé le président du Conseil de la Choura de ce mouvement, Abdelkrim Harouni. S’exprimant lors d’une conférence de presse au siège du parti à Tunis au terme du conseil de la Choura qui s’est tenu ce week-end, il a fait état d’une unanimité au sein du conseil de choisir le chef du gouvernement parmi les personnalités du parti.

“Cette question n’est pas négociable”, a-t-il insisté, expliquant qu’Ennahdha qui a remporté les élections législatives a le droit de présider le gouvernement et de choisir le cabinet ministériel sur la base d’un programme qui sera élaboré avec ses partenaires. Ennahdha, a-t-il dit, mène un dialogue interne sur la personnalité la plus apte à gérer les affaires de l’Etat, indépendamment du fait que son règlement intérieur habilite son président Rached Ghannouchi à accéder aux hautes fonctions dans le pays. La décision finale revient aux institutions du parti, a-t-il assuré.

Il a fait savoir que des premières négociations ont été menées dans ce sens, précisant que Ghannouchi a entamé des contacts avec les partis “Courant démocrate” (Attayar), “Echaab”, “Tahya Tounes” et la coalition “Al-Karama” ainsi que l’Union Générale Tunisienne du Travail, l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat et l’Union Tunisienne de l’Agriculture et de la Pêche. Tout en qualifiant de “positifs” ces contacts, il a estimé qu’ils ont ouvert la voie à des négociations “sérieuses” pour la formation d’un gouvernement en tenant compte de l’intérêt supérieur du pays.

Et de souligner que ce gouvernement sera formé sur la base d’un programme visant à relever les défis économiques et sociaux, à lutter contre la corruption, à préserver le pouvoir d’achat des citoyens, à stimuler l’emploi et à renforcer la sécurité. Il a assuré que le principe des quotas politiques ne sera pas pris en considération lors de la formation du prochain Exécutif, relevant qu’un programme commun sera établi avant de distribuer les portefeuilles ministériels et de choisir les ministres.

Dans ce sens, il a rappelé la position de son parti refusant de négocier avec “Qalb Tounes” (cœur de Tunisie) et le Parti Destourien Libre (PDL), “le premier pour des suspicions de corruption et le second pour ses liens avec la dictature”. “Nous espérons que le mouvement Echaab ait une position positive concernant la participation au gouvernement sur la base d’un programme clair”, a-t-il conclu. Le mouvement Ennahdha avait remporté 52 sièges aux élections législatives du 6 octobre, suivi du parti “Cœur de Tunisie” avec 38 sièges, selon les résultats préliminaires annoncés par l’Instance Supérieure Indépendante des Elections (ISIE).

Viennent ensuite “Attayar” avec 22 sièges, La coalition “Al Karama” (islamiste proche d’Ennahdha) avec 21 sièges, le PDL avec 17 sièges, le Mouvement du peuple avec 16 sièges, “Tahya Tounes” avec 14 sièges et “Machrou Tounes” avec 4 sièges, l’Union Populaire Républicaine, “Nidaa Tounes”, “Errahma”, “Al Badil” avec 3 sièges chacun et “Afek Tounes” et la liste indépendante “Amal wa Aamal” (Espoir et action) avec 2 sièges chacun.

Les 17 autres sièges sont répartis entre partis politiques, coalitions et listes indépendantes. Le parti arrivé en tête disposera de deux mois pour dégager une majorité de 109 voix au Parlement afin de former un gouvernement, le nouveau président de la République n’intervenant qu’en cas de blocage au terme de cette période.

Source : MAP
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